{"id":2524,"date":"2017-08-28T15:00:47","date_gmt":"2017-08-28T15:00:47","guid":{"rendered":"https:\/\/covcasbulletin.info\/?p=2524"},"modified":"2017-08-30T15:23:01","modified_gmt":"2017-08-30T15:23:01","slug":"lartsakh-lenclave-armenienne-qui-edifie-sa-nation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/covcasbulletin.info\/?p=2524","title":{"rendered":"L&#8217;Artsakh, l&#8217;enclave arm\u00e9nienne qui \u00e9difie sa nation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Par FR\u00c9D\u00c9RIC CHEUTIN<br \/>\nlaprovence.com<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Depuis qu&#8217;il a fait s\u00e9cession de l&#8217;Azerba\u00efdjan en 1991, le Haut-Karabagh lutte, jour apr\u00e8s jour, pour son ind\u00e9pendance.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme les pr\u00e9c\u00e9dentes, cette nuit d&#8217;\u00e9t\u00e9 n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 calme. Blottis dans le r\u00e9seau de tranch\u00e9es bordant leur minuscule &#8220;R\u00e9publique d&#8217;Artsakh&#8221; (lire ci-dessous les principales \u00e9tapes de l&#8217;histoire de l&#8217;Artsakh), que la communaut\u00e9 internationale se refuse toujours \u00e0 reconna\u00eetre, les soldats artsakhiotes avaient subi de nouveaux tirs des forces az\u00e9ries mass\u00e9es en contrebas et avides de reprendre ces &#8220;13 % de territoires occup\u00e9s par les Arm\u00e9niens&#8221;. Pour montrer qu&#8217;eux ne c\u00e9deraient pas leur droit \u00e0 vivre \u00e0 l&#8217;abri des pogroms anti-Arm\u00e9niens dont ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement les victimes apr\u00e8s le rattachement de leur terre \u00e0 l&#8217;Azerba\u00efdjan sovi\u00e9tique d\u00e9cid\u00e9 par Staline en 1921, les soldats de la petite r\u00e9publique avaient r\u00e9pliqu\u00e9. Comme chaque nuit, ou presque, en d\u00e9pit du cessez-le-feu sign\u00e9 en 1994 sous l&#8217;\u00e9gide du Groupe de Minsk organis\u00e9 par l&#8217;OSCE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au matin, le calme est revenu dans les tranch\u00e9es. Les soldats montent la garde, d&#8217;autres se reposent, \u00e9cras\u00e9s par la chaleur. D&#8217;autres, un peu plus loin, se recueillent devant les saintes ic\u00f4nes, images protectrices de saints arm\u00e9niens. &#8220;Regardez, lance Gariguin, 20 ans, dont 23 mois pass\u00e9s sur le front, c&#8217;est ici que Miro est tomb\u00e9.&#8221; C&#8217;\u00e9tait en 1992. Une petite plaque t\u00e9moigne toujours de sa mort. Deux petits chiens accourent entre les parois de terre et de pneus. &#8220;Lui, c&#8217;est Miki, pointe un autre appel\u00e9. L&#8217;autre ? Il n&#8217;a pas de nom. Ils nous pr\u00e9viennent quand quelqu&#8217;un arrive.&#8221;&#8221;Le plus difficile, t\u00e9moigne-t-il encore, c&#8217;est le matin, vers 3 heures. La fatigue se fait sentir.&#8221; Pas la peur ? &#8220;Si, bien s\u00fbr. On n&#8217;a eu qu&#8217;une formation de six mois&#8230; Mais, avec le temps, on s&#8217;habitue.&#8221;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par de petites fen\u00eatres masqu\u00e9es de rideaux sombres, on peut observer aux jumelles les forces az\u00e9ries. Proches, si proches. Deux cents m\u00e8tres \u00e0 peine. &#8220;Elles aussi peuvent vous voir. \u00c9loignez-vous, on n&#8217;est jamais \u00e0 l&#8217;abri d&#8217;un sniper&#8221;, intime un officier venu de la caserne du village de Madagiz \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de routes totalement d\u00e9fonc\u00e9es. Un village aux rues d\u00e9sert\u00e9es. Sous pression. Sur quelques maisons, des traces de balles montrent que des combats ont eu lieu ici, durant la guerre. Mais o\u00f9 aller si les Az\u00e9ris revenaient ? Que faire d&#8217;autres que de prendre une fois encore les armes ? Devant sa maison, bordant une rue d\u00e9vor\u00e9e par les herbes folles, un homme aux cheveux blancs ras se tient. D\u00e9bardeur gris, pantalon d&#8217;un autre temps, rang\u00e9e impressionnante de dents en or, Garik \u00e9voque sa vie. Un quotidien chiche fait d&#8217;attentes. De quoi ? D&#8217;un avenir meilleur, o\u00f9 les fils ne seront plus soumis \u00e0 un long service militaire de deux ans, d\u00e8s l&#8217;\u00e2ge de 18 ans. D&#8217;un avenir o\u00f9 les gens reviendront peupler son village quasi d\u00e9sert malgr\u00e9 les aides apport\u00e9es par le gouvernement central. D&#8217;un avenir o\u00f9 le barrage hydro\u00e9lectrique, non loin, ne sera plus le principal employeur de la zone. Malgr\u00e9 la vie difficile que conna\u00eet Madagiz, certains ont fait le choix de venir s&#8217;y installer avec femme et enfants. Par militantisme. Parce que cette terre est arm\u00e9nienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/covcasbulletin-info.hhd.am\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright  wp-image-2525\" src=\"https:\/\/covcasbulletin-info.hhd.am\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh.jpg\" alt=\"\" width=\"457\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/covcasbulletin.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh.jpg 693w, https:\/\/covcasbulletin.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh-300x225.jpg 300w, https:\/\/covcasbulletin.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh-678x509.jpg 678w, https:\/\/covcasbulletin.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh-326x245.jpg 326w, https:\/\/covcasbulletin.info\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/La-Provence-Artsakh-80x60.jpg 80w\" sizes=\"auto, (max-width: 457px) 100vw, 457px\" \/><\/a>Dans l&#8217;\u00e9cole maternelle du village, la sieste s&#8217;ach\u00e8ve. Baillant, jouant, les petites t\u00eates brunes s&#8217;extirpent de leurs lits minuscules. Des enfants de trois \u00e0 cinq, six ans. De leur visage se d\u00e9gage un intense sentiment de bonheur ; des yeux des ma\u00eetresses veillant sur eux, une immense fiert\u00e9. &#8220;En cas d&#8217;urgence, on sait quoi faire, o\u00f9 les cacher&#8221;, souffle l&#8217;une d&#8217;entre elles. Le conflit n&#8217;est jamais loin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Depuis 25 ans, le Haut-Karabagh lutte pour rester arm\u00e9nien<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour sur Stepanakert, la capitale de la R\u00e9publique d&#8217;Artsakh. La route sillonne \u00e0 une courte distance du front. L&#8217;Azerba\u00efdjan est \u00e0 un jet de pierre. Et pourtant si loin. La zone est min\u00e9e, les points de passage herm\u00e9tiquement ferm\u00e9s. Les Az\u00e9ris qui voudraient se rendre dans le Nakhitchevan, une zone arm\u00e9nienne avant Staline et aujourd&#8217;hui totalement peupl\u00e9es d&#8217;Az\u00e9ris enclav\u00e9e entre Turquie, Iran et Arm\u00e9nie, n&#8217;ont d\u00e9sormais d&#8217;autres choix que l&#8217;avion ou un long d\u00e9tour routier par la R\u00e9publique islamique. Les habitants de l&#8217;Artsakh, eux, ne sont reli\u00e9s au monde que par l&#8217;Arm\u00e9nie dont ils ne sont s\u00e9par\u00e9s que par un poste-fronti\u00e8re symbolique et une longue route d\u00e9fonc\u00e9e \u00e0 travers les montagnes du Sud-Caucase, que parcourent des camions iraniens charg\u00e9s de carburant. L&#8217;unique a\u00e9roport du pays est ferm\u00e9 car les avions seraient sous la menace du feu ennemi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 cet \u00e9tat de guerre larv\u00e9e, la vie semble paisible dans la capitale. Stepanakert profite de cette soir\u00e9e d&#8217;\u00e9t\u00e9. Ici, la guerre de tranch\u00e9e \u00e0 laquelle se livrent Arm\u00e9niens et Az\u00e9ris semble si loin. Chaque jour, la capitale se transforme un peu. Lentement, mais s\u00fbrement. Des immeubles ont \u00e9t\u00e9 raval\u00e9s, d&#8217;autres \u00e9difi\u00e9s. Les symboles de cet \u00c9tat en devenir sont visibles au coeur de la ville. Le palais pr\u00e9sidentiel, d&#8217;abord, un ancien b\u00e2timent dont les armes sovi\u00e9tiques ornant la fa\u00e7ade ont \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9es par celles de l&#8217;Artsakh orn\u00e9es d&#8217;une aigle aux ailes d\u00e9ploy\u00e9es. C&#8217;est d&#8217;ici que Bako Sahakian pr\u00e9side aux destin\u00e9es de son pays. Face \u00e0 lui, le parlement, un \u00e9difice moderne surmont\u00e9 d&#8217;un toit pointu \u00e9vas\u00e9, symbole de transparence. Partout, les trois couleurs arm\u00e9niennes orange, rouge et bleu sont omnipr\u00e9sentes. Seule diff\u00e9rence avec l&#8217;Arm\u00e9nie toute proche, un chevron blanc symbolisant la division de la nation arm\u00e9nienne en deux entit\u00e9s : Arm\u00e9nie et Artsakh. Seront-elles r\u00e9unies un jour ? Beaucoup en r\u00eave, d&#8217;autres n&#8217;y croient pas, conscients des remous g\u00e9opolitiques qu&#8217;une telle union provoquerait. Alors, ils parient sur le statu quo. Et, jour apr\u00e8s jour, apporte leurs pierres \u00e0 l&#8217;\u00e9dification de leur nation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans la capitale Stepanakert : derri\u00e8re la d\u00e9cr\u00e9pitude des immaubles, les signes du renouveau<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Stepanakert est une petite ville qui se r\u00eave capitale. Aussi multiplie-t-elle les symboles : large place s\u00e9parant le palais pr\u00e9sidentiel du parlement, minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res&#8230; Immeubles en pleine r\u00e9novation, h\u00f4tel de luxe attirant les Arm\u00e9niens expatri\u00e9s et les hommes d&#8217;affaires \u00e9trangers. On trouve aussi quelques touristes attir\u00e9s par la beaut\u00e9 de la montagne environnante. Mais tr\u00e8s vite, le r\u00e9el reprend ses droits : parc d&#8217;attractions datant de l&#8217;\u00e8re sovi\u00e9tique, balayeuses de rue construites \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, immeubles rong\u00e9s par la mauvaise qualit\u00e9 des mat\u00e9riaux employ\u00e9s alors, march\u00e9 aux \u00e9tals biens garnis mais rappelant une fois encore la joie de vivre de la d\u00e9funte Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, des signes de renouveau sont l\u00e0. Bien visibles. Ici, des immeubles en construction. L\u00e0, une usine textile qui produit des anoraks pour le march\u00e9 italien. Des produits de tr\u00e8s grande qualit\u00e9 vendus plusieurs centaines d&#8217;euros l&#8217;unit\u00e9 \u00e0 Rome alors que le salaire local n&#8217;exc\u00e8de pas les 300 \u20ac mensuels. Pour des questions politiques, ils sont \u00e9tiquet\u00e9s made in Armenia. En contrebas de cette usine, une fabrique de tapis a repris ses activit\u00e9s. Jour apr\u00e8s jour, centim\u00e8tre apr\u00e8s centim\u00e8tre, des tapis, reprenant d&#8217;antiques mod\u00e8les oubli\u00e9s, sortent de ses m\u00e9tiers \u00e0 tisser et font travailler des dizaines d&#8217;ouvriers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre lieu, autre ambiance. &#8220;The Roots&#8221;, un bar-lieu de rencontre de la jeunesse artsakhiote. Un lieu d&#8217;exposition pour les artistes locaux qui y accrochent leurs toiles, de vente pour les artisans de la r\u00e9gion qui y pr\u00e9sentent leurs cr\u00e9ations. Ce lieu, Stepanakert le doit \u00e0 G\u00e9rard Guerguerian, un homme d&#8217;affaires fran\u00e7ais \u00e0 la retraite qui y a investi 110 000 \u20ac pour sa cr\u00e9ation, ses frais de fonctionnement, 16 000 \u20ac par an, \u00e9tant assur\u00e9s par une fondation. Mais le lieu le plus embl\u00e9matique de la renaissance de Stepanakert, c&#8217;est dans d&#8217;anciens locaux du KGB, la police politique sovi\u00e9tique, qu&#8217;on le trouve. Les grilles ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des parois vitr\u00e9es, les salles sont devenues lumineuses. Des salles dans lesquelles se forme apr\u00e8s l&#8217;\u00e9cole toute une g\u00e9n\u00e9ration de futurs informaticiens (au sens tr\u00e8s large) \u00e2g\u00e9s de 12 \u00e0 18 ans, lors de sessions de deux heures du lundi au vendredi durant deux \u00e0 trois ans. Ce centre, c&#8217;est Tumo. Un espace d\u00e9di\u00e9 aux technologies cr\u00e9atives class\u00e9 en t\u00eate de liste des dix meilleures \u00e9coles innovantes du monde \u00e9tablie par le magazine We Demain. Dirig\u00e9 par Korioun Khatchadourian, un Fran\u00e7ais d&#8217;origine arm\u00e9nienne, Tumo est n\u00e9 de la volont\u00e9 de Sam et Sylva Simonian, qui ont fait fortune dans l&#8217;ing\u00e9nierie au Texas, et de Marie-Lou et Pegor Papasian, des Arm\u00e9niens du Liban. Le centre accueille 1 100 \u00e9l\u00e8ves et est financ\u00e9 par l&#8217;Union arm\u00e9nienne de bienfaisance. Son succ\u00e8s dans l&#8217;apprentissage des comp\u00e9tences n\u00e9cessaires \u00e0 la r\u00e9ussite dans le monde num\u00e9rique actuel est tel que la maire Anne Hidalgo envisage d&#8217;en avoir un \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bako Sahakian, pr\u00e9sident de la r\u00e9publique d&#8217;Artsakh : &#8220;Il est difficile d&#8217;imaginer une paix d\u00e9finitive avec l&#8217;Azerba\u00efdjan&#8221;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Des incidents ont r\u00e9guli\u00e8rement lieu sur la ligne de contact. Comment envisagez-vous l&#8217;\u00e9volution de la situation ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bako Sahakian :<\/strong> La solution du conflit ne peut \u00eatre militaire. Nous sommes pour une solution par le dialogue, autour d&#8217;une table de n\u00e9gociations. Or, l&#8217;Artsakh n&#8217;est pas \u00e0 la table des n\u00e9gociations, alors que l&#8217;OSCE le pr\u00e9voit depuis 1994. Il est repr\u00e9sent\u00e9 par l&#8217;Arm\u00e9nie dans le cadre du groupe de Minsk copr\u00e9sid\u00e9 par la Russie, la France et les \u00c9tats-Unis et incluant l&#8217;Azerba\u00efdjan, la Turquie et plusieurs \u00c9tats d&#8217;Europe. Je dois cependant dire que les m\u00e9diateurs viennent r\u00e9guli\u00e8rement nous rencontrer et entendent nos positions sur diff\u00e9rents aspects de la solution du conflit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Comment r\u00e9agit l&#8217;Azerba\u00efdjan ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bako Sahakian :<\/strong> L&#8217;Azerba\u00efdjan ne respecte pas les d\u00e9cisons et les accords interm\u00e9diaires d\u00e9cid\u00e9s lors des sommets sur le conflit. Il est donc difficile d&#8217;imaginer une solution et une paix d\u00e9finitive avec l&#8217;Azerba\u00efdjan dont le pr\u00e9sident r\u00e9p\u00e8te sans cesse que son pays va reprendre par la force l&#8217;Artsakh, qu&#8217;il en sera de nouveau ma\u00eetre quelle que soit la volont\u00e9 de ses habitants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00c0 terme, quel avenir pour l&#8217;Artsakh ? L&#8217;ind\u00e9pendance ou l&#8217;int\u00e9gration dans l&#8217;Arm\u00e9nie ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bako Sahakian :<\/strong> L&#8217;Histoire a fait que nous avons une patrie avec deux structures \u00e9tatiques distinctes, l&#8217;Arm\u00e9nie et l&#8217;Artsakh. Politiquement, nous n&#8217;avons pas de projet aujourd&#8217;hui d&#8217;une union avec l&#8217;Arm\u00e9nie. Notre projet, auquel nous travaillons tous les jours, est la reconnaissance d&#8217;un Artsakh ind\u00e9pendant. Pour autant, rien n&#8217;est exclu. Peut-\u00eatre qu&#8217;un jour viendra le temps d&#8217;une union avec l&#8217;Arm\u00e9nie bas\u00e9e sur la libre expression de ces deux entit\u00e9s, mais pas aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Mais quid des fronti\u00e8res internationalement reconnues ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bako Sahakian :<\/strong> L&#8217;Artsakh fait historiquement partie de la Grande Arm\u00e9nie, alors que l&#8217;Azerba\u00efdjan n&#8217;existait pas. Ses fronti\u00e8res sont n\u00e9es d&#8217;une d\u00e9cision ill\u00e9gale sous l&#8217;URSS. Il n&#8217;est pas inutile de le rappeler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quel r\u00f4le joue la diaspora arm\u00e9nienne de France dans le d\u00e9veloppement de l&#8217;Artsakh ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bako Sahakian :<\/strong> La part la plus importante de notre d\u00e9veloppement \u00e9conomique est assur\u00e9e par le travail de la population vivant ici. Pour autant, le budget de notre R\u00e9publique est nourri par les imp\u00f4ts, l&#8217;aide que nous apporte la R\u00e9publique d&#8217;Arm\u00e9nie sous forme de pr\u00eats et celle de la diaspora. Concernant les Arm\u00e9niens de France, il y a de nombreux projets qui ont vu le jour, dans l&#8217;humanitaire et les infrastructures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Par FR\u00c9D\u00c9RIC CHEUTIN laprovence.com Depuis qu&#8217;il a fait s\u00e9cession de l&#8217;Azerba\u00efdjan en 1991, le Haut-Karabagh lutte, jour apr\u00e8s jour, pour son ind\u00e9pendance. 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